Warja Lavater

"Warja Lavater est née en 1913 à Winterthur en Suisse dans une famille assez aisée. Son père, Emil Lavater, était ingénieur et sa mère, Mary Lavater-Sloman, biographe de plusieurs personnages importants d'Europe.

Elle part étudier les arts graphiques pendant quatre années, à la Fachklasse für Grafik an der Kunstgewerbeschule Grafik de Zürich. C'est là qu'elle va suivre, à partir de 1932, les cours d'Ernst Keller (1891-1968) qui avait rejoint l'école depuis 1918. Célèbre affichiste, son enseignement développe l'art de la publicité, du lettrage et de la typographie.

Elle se lance ensuite dans une carrière de dessinateurs de symboles, de logotypes et de marques.

Pendant sa période newyorkaise, Warja Lavater va se fasciner pour les rues, les enseignes lumineuses, la signalisation, la « multiplication des signes à la portée de chacun ». C'est ce qui va la décider à utiliser des pictogrammes comme éléments linguistiques dans ses illustrations futures. Pour elle, « il serait possible de faire évoluer la pensée à partir de la création de signes représentant aussi bien une idée, une action qu'une perception ».

En 1960, elle se lance dans les leporello en aquarelle sur papier de Chine. La légende, fournie en début d'ouvrage, composée de plusieurs éléments graphiques présentant les personnages et les éléments importants des contes.

C'est en 1965 que Warja Lavater s'attaque aux contes traditionnels pour enfants et débute sa série constituée de cinq albums tous publiés chez l'éditeur parisien Adrien Maeght. Ces albums, que Warja Lavater appelle des imageries[13], s'emparent de récits de la tradition orale transcrits d'abord par Charles Perrault en 1697 puis Jacob et Wilhelm Grimm en 1812 (Le Petit Chaperon Rouge, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant) ; ou bien par Charles Perrault seul (Le Petit Poucet) ou encore par les frères Grimm seuls (Blanche Neige). On pourrait d'ailleurs ajouter à cette série les numéros 14 et 15 des Folded Stories, Lucky Jack (Jean le Veinard) adapté du conte des frères Grimm en 1965 et The Ugly Duckling (Le vilain petit canard) adapté du conte de Hans Christian Andersen (1842) en 1967. À travers ses imageries, son intention n'est pas d'apparaître comme une simple illustratrice mais bel et bien comme une auteure complète. Il ne s'agit pas pour elle d'accompagner le texte de Perrault, Grimm ou Andersen mais de proposer une réécriture au moyen de « codes visuels[14] ». Ainsi, selon elle, « l'écriture en pictogrammes peut être interprétée par le spectateur selon son propre point de vue[15] ». Ce dernier devient un conteur lui-même et ainsi continue la tradition de ces contes oraux."

Source : https://lta.hypotheses.org/396

Analyse de ses leporello

Les leporello de Warja Lavater « échappent à la structure cadrée du paysage », elles se déploient « dans une même unité visuelle » d'une longueur de 4 mètres, proposent des instantanés plongeant sur « les spectacles de la terre » et des parcours vus d'un « horizon surélevé ».

https://lta.hypotheses.org/396